Microfinance : Avec la CIF, les Caisses populaires virent au logiciel bancaire pour accélérer l’offre numérique


Au cours d’une conférence de presse animée, le samedi 22 août 2020, la Confédération des institutions financières d’Afrique de l’ouest (CIF-AO) et la Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB) ont annoncé la mise en service d’un nouveau système transactionnel qui consacre le virage numérique du leader burkinabè de la microfinance. A terme, ce modèle sera dupliqué dans l’ensemble des six réseaux ouest africains de microfinance, membres de la CIF-AO.

Une première en Afrique de l’ouest. La Faîtière des Caisses populaires du Burkina (FCPB) a annoncé le basculement de ses 200 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire vers un nouveau logiciel transactionnel dénommé SAB-AT.

Partenaire du projet, la Confédération des institutions financières de l’Afrique de l’ouest (CIF-AO) et la FCPB ont expliqué samedi en conférence de presse, les enjeux de ce Système unique d’information et de gestion (SIG). Dans sa déclaration liminaire, Mathieu Soglonou, directeur général de la CIF-AO, affirme que ce système va connecter les six réseaux ouest africains de microfinance, membres de la CIF-AO.

Il rappelle que le projet a démarré en 2015 et a fait l’objet d’une expérimentation au Burkina Faso, au profit des quelques 600 000 membres des Caisses populaires. Pour lui, ce fut une expérience pilote réussie car, dit-t-il : « malgré quelques perturbations liées à la mise en place progressive de ce nouveau dispositif transactionnel, nous sommes entièrement satisfaits des premiers retours recueillis sur le terrain ».

Participants à la conférence

Il ajoute qu’à l’horizon 2021, le dispositif couvrira l’ensemble du Réseau CIF-AO établi au Sénégal, au Mali, au Togo et au Bénin. « C’est dire que bientôt, l’ensemble des points de vente et 39 caisses du RCPB et les Faitières membres établies au Sénégal, au Mali, au Togo et au Bénin vont adopter ce nouvel outil en temps réel, d’une manière totalement centraliste, permettant à leurs membres de réaliser des transactions via les agences mais également via le téléphone mobile » précise le patron de la CIF-AO.

L’acquisition de ce logiciel bancaire qui a mobilisé une dizaine de milliards de F CFA d’investissement, modernise les activités des coopératives d’épargne et de crédit. En ligne de mire, il réduit les délais d’attente des usagers dans les guichets, en permettant d’effectuer des opérations bancaires de dépôts, de retraits et de paiements depuis leurs domiciles. Autres avantages du logiciel, c’est la possibilité pour tout client d’effectuer des opérations dans le réseau CIF en Afrique de l’ouest, dans les mêmes conditions, lorsque l’interconnexion entre ces réseaux sera établie.

Le Directeur général de la CIF-AO rassure que ce nouvel outil va rendre les transactions possibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et plus sûres pour les membres, ainsi que les entreprises en portefeuille. Il promet que le projet va ensuite connaitre une accélération avec son extension aux autres réseaux de microcrédits.


Mathieu Soglonou, Directeur général de la CIF-AO, principal conférencier

Répondant aux questions des journalistes, la Directrice générale de la FCPB, Mme Azaratou Sondo/ Nignan, a expliqué que le système permet aux Caisses populaires de répondre aux besoins des membres. Prenant l’exemple de l’opération d’octroi de crédit, dont la procédure inclut le passage du dossier d’un bureau à l’autre, pour parvenir au niveau central pour la prise de décision, elle note qu’avec ce système intégré de gestion, l’autorisation est donnée instantanément et le client accède facilement à son crédit en moins de 48 heures et en moins de 72 heures pour les crédits élevés. Pour elle, au-delà des produits classiques les membres ont besoin de plus en plus de nouveaux produits et le système intégré offre la possibilité de développer ces produits.

Le Président du conseil d’administration (PCA) de la FCPB, Alain Ousmane Zidouemba, a réitéré ses remerciements à la CIF et au personnel des Caisses populaires, fer de lance de la matérialisation effective du projet. Il s’est excusé auprès des membres du réseau, pour les désagréments constatés depuis le basculement vers le nouveau logiciel. « Nous sommes convaincus que c’est un outil d’information et de gestion qui va changer positivement et radicalement les prestations à nos membres et clients » a-t-il souligné.

La CIF-AO regroupe six réseaux de coopératives et mutuelles d’épargne et de crédit établis au Burkina Faso, au Mali, au Bénin, au Togo et au Sénégal. Avec près de 800 points de ventes et plus de 4 millions de clients appelés membres, le réseau a atteint, au 31 décembre 2019, plus 600 milliards d’actifs pour des fonds propres estimés à 163,5 milliards de F CFA. Dans le même temps, il a mobilisé 400 milliards de F CFA d’épargne contre un encours de crédit de l’ordre de 327,8 milliards de F CFA. Faut-il le rappeler, le Réseau CIF n’est pas à son premier projet intégrateur sous régional. Il a créé en collaboration avec le secteur privé et les réseaux de microfinance, des compagnies d’assurances vie au Benin, Burkina Faso, Mali et Togo. Elle a aussi créé la Financière de l’Afrique de l’ouest (FINAO) basée au Sénégal qui, en plus du refinancement des SFD, offre, à partir d’une plate-forme de porte-paiement DANAYA CASH, une diversité de produits.

Quant à la RCPB, elle a plus de 48 années d’expérience et pèse plus de 70% du secteur de la microfinance au Burkina Faso. En 2019 le réseau a collecté 138 milliards de F CFA d’épargne, contre 96 milliards de F CFA de crédits octroyés, et compte pour 200 milliards d’actifs, en hausse de 13% sur un an

source : lefaso.net